Communiqué
Fontaine-le-Comte, le 13 juillet 2026
Nous sommes aujourd’hui à la veille de la « validation » d’un PTGE (Projet de Territoire de Gestion de l’Eau) indigne de ce nom. Un sursaut est-il possible ?
Vienne Nature apporte sans modération son soutien aux organisations restées dans le dispositif du PTGE et qui tentent une dernière fois de stopper la dérive en demandant un vrai travail de production de solutions d’adaptation fondés sur HMUC (Hydrologie, Milieux, Usages, Climat) et des études socio-économiques fiables : le syndicat agricole Confédération Paysanne, l’Union Fédérale des Consommateurs (Que Choisir Ensemble), la LPO Poitou-Charentes, Deux-Sèvres Nature Environnement.
Nous avions lancé l’alerte en suspendant notre participation à un dispositif vicié mais nous ne sommes pas adeptes de la politique de la chaise vide.
Nous comptons jouer pleinement notre rôle pour tenter de sauver un processus qui pourrait apporter beaucoup à notre territoire si tous les acteurs voulaient bien jouer le jeu.
Le PTGE a été inventé en 2019 comme un laboratoire de solutions et n’a qu’un intérêt : faire jouer l’intelligence collective en mettant autour de la même table, producteurs d’eau potable, défenseurs des milieux et consommateurs : ménages, agriculteurs, industriels.
Sans valeur juridique, le but est de s’accorder sur des solutions d’adaptation au changement climatique capables de sécuriser à la fois l’eau potable, le fonctionnement des écosystèmes, cours d’eau et nappes, ainsi que des productions agricoles rentables répondant aux besoins essentiels de la population.
Gros atout pour le bassin du Clain
L’achèvement début 2023 d’une étude scientifique novatrice dite « HMUC » (Hydrologie, Milieux, Usages, Climat).
Cette étude scientifique affine les connaissances sur l’état de la ressource et les prévisions des volumes d’eau mobilisables à l’échelle des sous-bassins en différenciant eaux superficielles et souterraines. Elle prend en compte également les périodes de basses eaux et de hautes eaux. Elle fournit ainsi un socle de connaissances qui permet de travailler aux solutions de sauvegarde de la ressource les moins dommageables pour la collectivité en termes socio-économiques.
Malgré cet avantage le PTGE du Clain est mal parti
Hélas, à coups d’accusations, de parti-pris sans fondement, les gros irrigants et leurs soutiens syndicaux ont mené, avec la participation des services du Département et de la préfecture, une campagne pour disqualifier à la fois l’étude HMUC et l’équipe coupable de l’avoir pilotée l’EPTB, Établissement Public de Bassin de la Vienne.
Voué naturellement par ses compétences à porter ce PTGE, l’EPTB a été mis hors-jeu au profit d’un Conseil Départemental sans compétence sur l’eau et enfermé dans le déni à l’égard des résultats du travail scientifique de l’étude HMUC.
Dès le départ a été mis en place un fonctionnement incompatible avec l’objectif d’élaboration de compromis entre usages concurrents: travail en silos étanches et mise en place de «collèges» interdisant la mise à plat des désaccords et la compréhension mutuelle, processus de décision opaque par un Comité de Pilotage, CoPil, composé arbitrairement, calendrier digne d’une course contre la montre avec invention d’un PTGE N°1, étape fictive uniquement destinée à l‘affichage publicitaire d’un résultat rapide.
Après avoir demandé, en vain, un changement de méthode pour une élaboration participative et une véritable co-construction de ce PTGE, Vienne Nature s’est retiré de ce dispositif toxique condamné à figer les positions au lieu d’engager des solutions.
Les plénières improvisées après nos critiques ont montré leur impuissance faute de construction préalable en groupes de travail pluralistes de scénarios divergents solides.
Comme prévu cette course contre la montre a eu un prix
L’insignifiance d’études économiques bâclées alors qu’elles sont au coeur des solutions.
Pour avancer nous avons besoin d’études robustes sur les coûts et bénéfices respectifs :
- de l’inaction,
- du changement en termes d’agriculture avec la fin d’un modèle insoutenable d’irrigation intensive,
- de santé publique avec les dégâts de la pollution de l’eau « potable »,
- en termes d’hydrologie, la restauration du fonctionnement dégradé des hydrosystèmes qui nous fournissent l’eau.
Fort de ces éléments en main, nous continuerons d’être au rendez-vous et prendront nos responsabilités face aux enjeux majeurs qui nous attendent sur la question de l’eau tant pour la restauration des milieux et de sa qualité que sur les enjeux socio-économiques et de santé qui nous concernent tous dans le respect de la démocratie.
Vienne Nature
