Chauve-souris

Rappel sur la biologie et l’écologie des chiroptères

(Source : Prévost O., 1997

Cycle annuel

Les impératifs biologiques qui règlent la vie d’une chauve-souris font apparaître plusieurs phases distinctes qui s’enchaînent au fil des saisons.

L’hibernation (mi novembre à mi mars

chauve-souris © M. Gailledrat – Vienne Nature

Les premiers froids sonnent pour les chiroptères le moment du sommeil hivernal. A défaut de migration vers des pays chauds, les réserves de graisse accumulées durant l’automne vont leur permettre de passer cette période hivernale au ralenti. En fait, bien que les chauves-souris soient capables de régler la température interne de leur corps (homéothermie), elles ont aussi la possibilité d’abandonner cet état afin d’économiser leur énergie (à l’instar du Hérisson, du Loir, de la Marmotte ou du Hamster). On dit des mammifères qui adoptent cette solution qu’ils sont hétérothermes. Après avoir regagné leur gîte d’hiver, les chauves-souris entrent dans un sommeil profond. La température du corps est maintenue au niveau de celle de l’air ambiant, voire légèrement supérieure. Le rythme cardiaque diminue (passant de 600 battements/minute à 10 chez le Grand murin, par ex.). La respiration se ralentit, avec des interruptions pouvant atteindre ou dépasser une heure. Ce sommeil peut être interrompu, notamment lorsque la température dans le gîte est trop basse (< 0°). Des déplacements sont alors observés entre les gîtes où à l’intérieur d’un même gîte.

Transit printanier (mi mars à fin mai

Mars et les beaux jours voient la plupart des espèces se réveiller et reprendre leurs chasses nocturnes. Chez les femelles (exception faite du Minioptère) l’ovulation puis la fécondation ont lieu peu après le réveil et entraînent une période de gestation – variant selon les espèces – de 55/75 jours. Les animaux se déplacent alors vers leur lieu de mise bas (femelles) ou d’estivage (mâles et immatures), occupant momentanément divers gîtes. Ces déplacements sont généralement peu importants mais peuvent prendre un caractère migratoire marqué chez certains chiroptères comme, par exemple, la Pipistrelle de Nathusius. A l’inverse, certaines populations sont sédentaires, utilisant un même gîte tout au long de l’année, quand celui-ci présente les caractéristiques thermiques adéquates. Ce comportement est plutôt observé dans les régions méridionales peu marquées par les variations climatiques.

Gestation, mise bas et élevage des jeunes (début juin à fin août

Les femelles se rassemblent en colonies maternelles pouvant compter jusqu’à plusieurs centaines d’individus. Lorsque la gestation arrive à son terme, les naissances se déroulent au sein de la colonie durant plusieurs jours ou semaines. Les jeunes naissent nus et aveugles. Ils sont souvent rassemblés en crèche, ce qui permet aux femelles de s’absenter plusieurs heures pour chasser. A l’âge de quelques jours ils se déplacent en marchant et, 3 à 5 semaines plus tard, peuvent effectuer leur premier vol. Les petites espèces (Pipistrelles) se développent plus vite que les grandes (Noctules, Grand murin). Le sevrage effectué, les femelles quittent le gîte de mise-bas alors que les jeunes y demeurent plus tardivement. Tout au long de cette période, les mâles adultes et les animaux immatures sont exclus des colonies maternelles et estivent isolément ou en groupe dans des gîtes appropriés.

Transit automnal et période d’accouplement (début septembre à mi novembre

Mâles et femelles se retrouvent dans les gîtes d’estivage des mâles ou dans des gîtes intermédiaires où ont lieu les accouplements, qui peuvent se poursuivre dans les gîtes d’hibernation jusqu’à l’entrée en léthargie. Le sperme reste stocké tout l’hiver dans l’appareil génital des femelles. L’ovulation entraînant la fécondation s’effectue au printemps, au sortir de la période de sommeil. Le Minioptère fait exception à cette règle, puisque la fécondation a lieu à la suite de l’accouplement. Mais le développement embryonnaire est stoppé et reprend au printemps. A cette époque, les animaux, qui regagnent leurs gîtes d’hibernation, fréquentent temporairement des sites très variés qui ne sont pas occupés de façon traditionnelle d’une année à l’autre. Des séances de chasse intensive permettent aux chauves-souris de constituer les réserves de graisse indispensables à leur longue période d’hibernation.

Caractéristiques des gîtes

Période d’hibernation

Un gîte utilisé pour le sommeil hivernal doit répondre à quatre critères essentiels qui sont :
– une température fraîche et constante de l’ordre de 5 à 11°C ;
– un taux d’humidité élevé compris entre 80 % et 100 % (afin de protéger les membranes alaires contre le dessèchement) ;
– une obscurité complète dans tout le gîte ou dans une grande partie de celui-ci ;
– une tranquillité absolue (absence de dérangement).

Pour de nombreux chiroptères, les cavités souterraines, qu’elles soient naturelles (grotte) ou artificielles (carrière), constituent des gîtes de prédilection. Cependant quelques espèces passent l’hiver dans le grenier des bâtiments, les trous d’arbres, etc. Le nombre d’espèces présentes dans un même site hivernal peut être assez élevé en comparaison avec ceux occupés durant les autres périodes du cycle annuel. Il est ainsi possible de recenser une dizaine d’espèces ou plus dans les galeries d’une ancienne champignonnière où elles se répartissent en fonction de leurs exigences écologiques.

Gîte de transit

Les gîtes de transit ne présentent pas de caractéristiques thermiques particulières et se distinguent par leur grande variabilité. En effet, ils sont utilisés de façon temporaire, à une époque marquée par l’instabilité des animaux. Un gîte connu pour accueillir une population hibernante peut jouer un rôle comme gîte de transit. On pourra ainsi y trouver des espèces de passage absentes le reste de l’année. Les animaux y sont souvent observés à l’unité et le mélange des espèces est peu fréquent.

Gîte de mise bas

A l’inverse des gîtes d’hibernation, les sites occupés par des colonies de parturition se caractérisent par une chaleur importante et constante (20° à 50°) nécessaire à la survie des jeunes qui sont très sensibles au froid. L’absence de courant d’air et de dérangement sont également indispensables. Parmi les sites les plus favorables, on peut citer les combles de bâtiments recouverts d’une toiture en ardoise et les cavités qui possèdent des zones où s’accumule la chaleur (cheminée, cloche). Ces deux types de sites sont utilisés par le plus grand nombre d’espèces, parfois conjointement ou même en colonie mixte. Il est cependant peu fréquent de trouver plus de trois ou quatre espèces rassemblées dans un même gîte de mise-bas.

Source :
PREVOST O., 1997. A la recherche des chauves-souris ou comment participer à un inventaire de chiroptères. Poitou-Charentes Nature et Vienne Nature, Poitiers, 60 p.

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