Notre histoire

Faire un retour sur l’histoire et l’évolution de notre association depuis sa création demanderait plus que quelques pages. Ce demi-siècle d’activité a pourtant débuté à une période où les protecteurs de la nature étaient considérés comme des empêcheurs de tourner en rond « amateurs de petites fleurs et de petites bêtes ».
Ces précurseurs, lanceurs d’alerte des années soixante, étaient pourtant d’une rare clairvoyance sur les problèmes environnementaux qui, déjà, altéraient le patrimoine naturel local. Ils sont malheureusement encore d’actualité !

Les origines

La Société Poitevine de Protection de la Nature voit le jour le 5 juin 1967. Créée à l’initiative de Michel Chevais, ingénieur général d’agronomie, cette société regroupe essentiellement des « professionnels de l’environnement » de l’époque : eaux et forêts, horticulture, agronomie, protection des végétaux, plusieurs représentants de l’université (écophysiologie, pédologie, biologie), ainsi que des pêcheurs et des chasseurs.
Dès sa création, les lignes directrices de la SPPN sont tracées : « La SPPN oriente son action d’une part vers la diffusion de ses idées, et notamment auprès des jeunes, et d’autre part vers l’action concrète sur le terrain : protection d’espèces animales et végétales, de sites, études et organisation de rencontres entre responsables de différentes activités en rapport avec la nature et son utilisation afin de concilier les exigences de chacun dans l’intérêt de la protection de la nature, etc. » (Bulletin SPPN n°1, 1968).
Outre des conférences et des expositions, les actions de terrain se dirigent vers la préservation du site des Rochers du Porteau à Poitiers pour son intérêt botanique et paysager et, pour les mêmes raisons, celle de l’affleurement granitique de Ligugé dit « Iles de Pont », ainsi que la création de réserves naturelles libres. Les regards se tournent aussi vers les landes de Montmorillon et de la Trimouille, perçues déjà comme des habitats au devenir précaire, et vers les dégâts liés au remembrement !
Elles sont parfois engagées avec les moyens du bord : une prime de 100 francs est ainsi proposée pour protéger une aire de Circaète Jean-le-Blanc, aigle mangeur de reptiles très rare dans nos forêts !
Autre projet, la participation au programme de réintroduction du Castor en France avec le lâcher, entre 1970 à 1973, de quelques animaux dans les étangs du Montmorillonnais.
Cette opération sera un échec mais illustre bien le dynamisme qui animait les membres de ce qui était devenu la Société de Protection de la Nature et de l’Environnement de la Vienne (SPNEV).

Faire face aux grands projets d’aménagement

Il y aura aussi la participation au « préinventaire des richesses naturelles de la Vienne », précurseur des ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique) créées trente ans plus tard. Mais le fer de lance de la SPNEV dans les années 70 est la préservation des milieux contre les grands projets d’aménagement du territoire. Car les aménageurs de l’époque ne s’embarrassent pas de considérations écologiques ! Et les artisans de la protection ne peuvent compter sur une législation peu favorable aux mesures environnementales.
Les actions sont donc dures à mener et demandent un lobbying acharné auprès des administrations, de nombreuses réunions et moult courriers. De 1971 à 1982, le dossier de la rocade sud-est monopolise beaucoup d’énergie pour imposer le moins pire de la traversée du Clain. Durant la même période, c’est l’autoroute A10 qui doit couper la Forêt de l’Épine en deux qu’il faut « dévier » de sa course destructrice (1973-1978).
Le projet de Réserve Naturelle du Pinail est une réponse à la volonté des forestiers d’enrésiner l’une des dernières grandes étendues de landes du département. Déposé en 1975, le dossier aboutira en 1981 mais, durant l’hiver 1977-78, la construction d’une usine de charpente est programmée sur le Pinail, en contradiction avec la loi. En 1983, la liaison nord de la rocade menace les Vallées sèches de Buxerolles. Il faut de nouveau intervenir pour appuyer un tracé sauvegardant ces petites vallées, riches en biodiversité.
Parmi les acteurs de l’époque, on retrouve en particulier les noms de D. Chevais, P. Boudy, Y. Baron, C. Dasriaux, C. Dornier, P. Guy, J. Vigneau…
En 1978, l’association est agréée au titre de la loi sur la protection de la nature, du code de l’urbanisme et comme structure de jeunesse et d’éducation populaire. Des agréments qui lui permettront d’ester en justice, de siéger dans de nombreuses commissions au titre d’expert en environnement, faune et flore, et de développer des activités d’éducation dans ces différents domaines. La SPNEV devient Vienne Nature au début des années 80.

Le lac Saunier, en forêt de l’Épine, un habitat aquatique forestier épargné par le passage de l’autoroute A10. Crédit photo : O. Prévost

L’essor naturaliste

L’engagement naturaliste de Vienne Nature s’exprime d’abord par la préservation des milieux naturels. La création de la Réserve Naturelle du Pinail, portée par Yves Baron, enseignant à l’université de Poitiers et botaniste reconnu, puis en encadrant les premiers inventaires sur ce site durant les années 80 jusqu’à la création de GEREPI, l’association de gestion de la Réserve du Pinail, en est le meilleur exemple.
Mais c’est surtout au début des années 1990 que s’élargit la mission naturaliste de Vienne Nature en s’articulant autour des trois axes : connaître – protéger – sensibiliser. L’animation d’un groupe chiroptères régional naissant, différentes études et expertises botaniques et faunistiques, puis l’inventaire des arbres remarquables de la Vienne, publié en 1999 permettent à Vienne Nature d’asseoir sa légitimité. L’inventaire des mares de la Vienne, étendu ensuite à l’ensemble du Poitou-Charentes, permit d’associer à l’inventaire d’un habitat différents groupes indicateurs tels que les Amphibiens ou les Odonates. Coordonné par Vienne Nature, un Atlas préliminaire des chauves-souris du Poitou-Charentes est publié en 2000.

Professionnalisme et bénévolat

Ces différents projets et engagements ne pouvant être supportés par le seul bénévolat, Vienne Nature se tourna vers le professionnalisme avec l’arrivée de plusieurs salariés spécialisés en faune et flore. Aujourd’hui, l’équipe salariée compte 10 à 12 personnes selon les périodes de l’année et la charge de travail, chiffre qui ne cesse d’augmenter depuis 20 ans. Les domaines d’investi gation et d’expertise de Vienne Nature comprennent la flore et les habitats, la faune vertébrée (à l’exception des oiseaux qui est le terrain de nos collègues de la LPO Vienne) et invertébrée, dont plusieurs ordres d’insectes (Odonates, Orthoptères, Lépidoptères, etc.), les Crustacés et les Mollusques. Pour tous ces groupes, dont la liste est en évolution permanente, la mission continue de Vienne Nature est de recueillir les données qualitatives et/ou quantitatives permettant une meilleure connaissance des espèces dans les limites de notre département. Un travail mené à bien grâce aux observations de terrain des naturalistes qui courent campagne, bois et marais pour assouvir leur passion de nature ! Une part non négligeable de ces données est aussi récoltée dans le cadre d’études financées par des  organismes publics ou privés, des collectivités locales ou les services de l’État. Le porté à connaissance de cette richesse naturaliste est réalisé à différents niveaux et sous des formes variées : publications techniques ou de vulgarisation (livret reptiles ou livret mammifères aquatiques), information auprès des élus (Les Cahiers du patrimoine naturel), participation à des études, enquêtes ou contributions régionales ou nationales (atlas de répartition, listes rouges, espèces déterminantes, observatoire de la biodiversité).
Cette mise à disposition d’informations locales est primordiale pour éclairer le statut d’une espèce au niveau du territoire plus vaste de la région ou du pays. Vienne Nature n’est en effet pas seule au monde ! Nous faisons partie d’un important réseau structuré au sein de notre fédération Poitou-Charentes Nature (PCN) et de France Nature Environnement (FNE), dont nous sommes le relais départemental.

Prospection naturaliste à la recherche du Castor d’Europe. Crédit photo : Sauvages du Poitou

Extrait de :
Olivier Prévost. Vienne Nature, sa vie, son oeuvre. In Vienne Nature, 2017. Bêtes et plantes de la Vienne – déambulation dans la biodiversité départementale. Vienne Nature éditions, Fontaine-le-Comte. p.23-28

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