Insectes

Une tribu à six pattes : les insectes

Six pattes et deux antennes, il n’en faut pas plus pour savoir qu’on est en présence d’un insecte. Vecteurs de passions ou au contraire des plus grandes craintes, les insectes inspirent autant qu’ils repoussent.

Combien sont-ils, où vivent-ils, ça pique, ça mord ? Autant de questions auxquelles nous sommes souvent confrontés et si la réponse est parfois aisée, cela nous renvoie à la grande méconnaissance qui règne dans ce groupe si vaste. De la micro-guêpe parasite inférieure à 1 mm de long au Grand Paon-de-nuit qui affiche une envergure flirtant avec les 16 cm, voilà un bref aperçu de la diversité de nos insectes.

 

Ascalaphe soufré -Libelloides coccajus. Crédit photo: S. Ducept

L’avancée de la classification

L’histoire et l’étude des animaux dits « sans vertèbres » débutent dès les premiers siècles mais prend son essor surtout aux XVIIe et XVIIIe siècles, période à laquelle Réaumur publie ses mémoires pour servir l’histoire des insectes. Mais c’est surtout Linné, avec son système de classification binominale des espèces, qui apporte un vrai chamboulement. Le regroupement en différentes classes naît ainsi, les organes de manducation, comprenez les pièces buccales, étant -entre autres- les principaux éléments discriminants. Depuis cette période, la science des insectes, l’entomologie, n’a cessé d’évoluer.

Les insectes ont passionné les savants du siècle des lumières qui ont promulgué les éléments d’une première classification. C’est une période à laquelle l’observation prend son essor, les espèces sont détaillées précisément, les collections commencent à être constituées, la reproduction et l’anatomie interne sont étudiées.

La classification est toujours l’objet de discussions, l’avènement de la génétique apporte son lot d’informations, permettant de classer, de déclasser, de séparer des individus que l’on croyait jusqu’alors de la même espèce voire de rassembler ceux qui avaient été séparés par le passé. Dès lors, la détermination dépasse parfois les capacités humaines et seule la génétique permet de séparer des espèces.

Hoplie bleue-Hoplia coerulea. Crédit photo: S. Ducept

Sympetrum rouge-sang-Sympetrum sanguineum Crédit photo: A. André

Verdelet-Comibaena bajularia. Crédit photo: S. Ducept

L’insecte, indicateur de gestion de milieu ?

Les observations héritées de nos pairs permettent une vision nouvelle de l’insecte : il nous renseigne sur la santé du milieu naturel. Voilà donc de nouveaux « bio-indicateurs » que les entomologistes, bénévoles ou professionnels, utilisent pour gérer ou orienter la gestion dans les milieux naturels.

Plusieurs ordres d’insectes sont porteurs d’indications, sur la gestion passée, sur la présence d’une pollution diffuse et encore sur la fermeture annoncée d’une prairie ou d’une pelouse.

Que sait-on des insectes dans la Vienne ?

L’étude des insectes dans notre département remonte à la fin du XIXe siècle mais les avancées les plus marquantes datent de la première moitié du XXe siècle. Les associations telles que Vienne Nature ont permis de rassembler une partie des entomologistes locaux et leurs données, structurant ainsi les connaissances sur ce vaste groupe.

Lucane cerf volant -Lucanus cervus. Crédit photo: S. Ducept

Stenobothrus stigmaticus-Sténobothre nain. Crédit photo: S. Ducept

Des projets porteurs, notamment les atlas de répartition, fers de lance de nos associations, ont contribué à l’amélioration de nos connaissances sur plusieurs groupes d’identification aisée. Soixante-trois espèces de libellules, 105 espèces de papillons de jour, 680 espèces de papillons de nuit, 62 espèces d’Orthoptères (criquets et sauterelles), une centaine d’espèces de longicornes (Coléoptères) composent l’essentiel de la faune entomologique connue à ce jour dans la Vienne. Assurément, nous sommes loin de connaître la totalité du bestiaire à corps mou qui fréquente notre département.

L’approche des autres groupes, les Coléoptères, les Diptères, les Hyménoptères ou encore les Hétéroptères, est délicate tant la diversité d’espèces est grande. Ils rassemblent à eux seuls plusieurs milliers d’espèces accessibles à un groupe restreint de spécialistes.

Nos connaissances dans ce domaine sont donc encore très lacunaires et les perspectives sont immenses.Il ne fait aucun doute que l’étude des insectes dans la Vienne a encore de beaux jours devant elle!

Extrait de :
Vienne Nature, 2017. Bêtes et plantes de la Vienne - déambulation dans la biodiversité départementale. Vienne Nature éditions, Fontaine-le-Comte. 240 p.

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