Les Orchidées sauvages

L’ordre des Orchidacées (ou Orchidées) est probablement la branche de la botanique la plus populaire. Depuis que l’humain étudie et classifie le vivant, ces plantes bien particulières n’ont cessé de le fasciner. Depuis des siècles en Poitou-Charentes, différents botanistes et naturalistes ont étudié les orchidées sauvages avec passion et rigueur.

Ne cherchez pas une quelconque ressemblance entre l’Orchis bouc et l’animal éponyme : c'est son doux parfum floral qui est censé rappeler celui du caprin ! Crédit photo : Samuel Ducept

Dans notre département, une association, la délégation Poitou-Charentes et Vendée de la Société Française d’Orchidophilie, mène depuis plus de vingt ans un formidable travail pour inventorier, cartographier et protéger les orchidées sauvages, libérant Vienne Nature pour d’autres tâches tout aussi passionnantes et nécessaires. Pour autant, les Orchidées font partie de ces taxons qu’il est impossible d’ignorer lorsque l’on mène des actions naturalistes. Une part de cet ouvrage se devait donc de leur être consacrée.

Des fleurs communicatives

Dans un objectif d’éducation à la nature et à la préservation de la biodiversité ordinaire, les orchidées, espèces à la symbolique forte, peuvent être valorisées pour sensibiliser le grand public au maintien de petits espaces sauvages à « herbes folles ». Certaines espèces plus ou moins communes se retrouvent parfois en quantités notables sur les bords de routes, dans les parcs ou les jardins. Leur présence est souvent insoupçonnée par le grand public et les laisser fleurir permet d’éveiller la curiosité et l’émerveillement. Il n’est ainsi pas rare de voir des particuliers ou des collectivités, une fois avertis, ne plus tondre quelques surfaces de pelouses pour laisser s’épanouir quelques Ophrys abeilles ou Orchis pyramidales.

Au jeu des ressemblances, l’Ophrys abeille tient une bonne place. Sa fleur imite le corps de l’insecte femelle pour qu’un mâle vienne la féconder... Crédit photo : Samuel Ducept

Savant mélange de blanc et de violet, la grande Orchis pourpre évolue dans les prairies et coteaux calcaires qui tendent à s’enfricher. Crédit photo : Nicolas Tranchant

Un bon indicateur biologique

Les diagnostics écologiques (études d’impacts, études pour la protection de sites rares ou fragiles) sont également une tâche majeure de Vienne Nature. La diversité et la rareté des espèces présentes sur un site sont synonymes de richesse du milieu, mais bien souvent également de fragilité.
Dans ce rôle, la présence de certaines orchidées peut être déterminante. Ainsi, plusieurs ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique) et sites remarquables bénéficiant d’arrêtés préfectoraux de protection de biotope ou de classement Natura 2000 ont pu être décrits, classés et/ou protégés par la présence d’orchidées rares. Parmi eux nous citerons les célèbres coteaux de Beau-Peu à Valdivienne, la forêt de Moulière et la Réserve Naturelle Nationale du Pinail à Vouneuil-sur-Vienne, le Pé de Jojo dans le Loudunais, etc.
Les espèces bénéficiant d’un réel statut de protection ne sont pas si nombreuses, malgré leur fragilité et précarité. Pour la Vienne, une seule espèce bénéficie d’une protection nationale, le Spiranthe d’été, et dix d’une protection régionale. Dans bien des cas, leur présence permet à minima une symbolique parlante pour les gestionnaires ou propriétaires d’un site : ils sont alors plus ouverts aux recommandations de gestion ou de protection.

Les orchidées remarquables de la Vienne

La Vienne abrite près d’une quarantaine d’espèces d’orchidées. Certaines sont toutefois d’une rareté extrême et méritent toute notre attention. Cette rareté a souvent deux explications : soit il s’agit d’espèces en limite de répartition de leur aire naturelle, soit les aménagements et les modifications des milieux par l’homme ont eu raison de leur fragilité et de leurs exigences.
Dans ce dernier cas, nous pourrions citer l’Orchis des marais. Cette superbe fleur fuchsia pousse dans les marais tourbeux alcalins, habitat peu répandu chez nous et aussi particulièrement fragile. De fait, leur disparition a repoussé l’Orchis sur un seul et unique site d’une commune au sud de Poitiers.
Le cas des espèces en limite d’aire de répartition est un peu plus courant, pour le plus grand plaisir des naturalistes ! Ainsi fut découverte il y a quelques années une belle station de Sérapias à labelle alongé, espèce commune dans le Midi qui a trouvé en Vienne le terrain le plus septentrional répertorié pour cette espèce en France. C’est également le cas de l’Épipactis rouge-sombre qui pousse du côté de Bonnes sans autre station découverte plus au nord, ainsi que l’Ophrys jaune, qui a fleuri quelques années sur le Coteau de Beau-Peu. La belle n’est hélas jamais réapparue depuis.

Nos orchidées locales n’ont pas à rougir face aux espèces tropicales. Les fleurs sont moins impressionnantes mais tout aussi originales, comme cette Sérapias langue. Crédit photo : Samuel Ducept

L'entretien des prairies naturelles permet l'expression de la flore locale. Cette Orchis à fleurs lâches a trouvé sa place parmi les Cirses des prairies. Crédit photo : David Ollivier

La chasse au trésor !

Débuter en botanique par la recherche, l’observation et l’étude des Orchidées est une très bonne idée ! Cela a quelque chose de vraiment ludique comparable à une petite chasse au trésor. Tout d’abord, bien déchiffrer les cartes il vous faudra ! À chaque espèce son habitat, son substrat, certaines étant très exigeantes... De précieux indices il vous sera nécessaire de récolter. Basez-vous sur les inventaires déjà réalisés, les périodes de floraison en fonction de l’espèce recherchée... Une fois le trésor trouvé, l’identification vous devrez réaliser ! Mais cela n’est pas d’une extrême complexité pour la plupart des espèces, gare aux hybrides toutefois ! Fructifier vous les laisserez, la cueillette étant bien entendu proscrite. Il ne vous restera plus qu’à vous mettre à plat ventre dans les hautes herbes – prudence de ne pas écraser ses congénères – pour réaliser votre plus beau cliché !

Extrait de :
Vienne Nature, 2017. Bêtes et plantes de la Vienne - déambulation dans la biodiversité départementale. Vienne Nature éditions, Fontaine-le-Comte. 240 p.

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