Foire à questions sur le Blaireau d’Europe

Foire à questions sur le Blaireau d’Europe, Meles Meles

Suite aux nombreuses questions qui nous ont été posées au cours des précédents live vidéo, nous vous proposons d’y répondre dans cette FAQ.

Crédit photo : A. Pratt

BiologieLe Blaireau est-il un animal nocturne ?

Oui. Actif quasi exclusivement la nuit, il consacre la journée au repos et à quelques échanges sociaux bien à l’abri sous terre. Dès le crépuscule, parfois un peu avant, il aménage et maintient son terrier en bon état, se toilette, arpente son territoire en quête de nourriture et entretient une vie sociale très active.

Biologie Hiberne-t-il ?

Non. En hiver, son activité est ralentie, voire stoppée pendant plusieurs jours ou semaines lors de grands froids. Il sort moins souvent et reste au plus profond du terrier. Ce repos hivernal n’est pas une hibernation.

SociabilitéPourquoi parle-t-on de clans de blaireaux ?

Le Blaireau vit en clan familial de quelques individus (une petite dizaine d’adultes et jeunes tout au plus) sur un territoire donné. Certaines portées peuvent avoir plusieurs pères. La composition des clans et la surface des territoires dépendent de la densité de population, mais surtout des ressources alimentaires.

SociabilitéComment interagissent les membres d’un clan ?

Les blaireaux communiquent souvent entre eux, par exemple à travers des signaux sonores (reniflements, cris, gémissements, chevrotements, hurlements, grognements…), mais aussi par frottements d’une sécrétion (surtout pour les dominants). Les membres d’un même clan effectuent aussi une toilette mutuelle régulière.
À cette saison, nous observons souvent des jeux entre les jeunes de l’année.

Reproduction Qu’est-ce qu’une ovo-implantation différée ?

Le rut a généralement lieu vers février-mars. Le blaireau pratique une ovo-implantation différée. Cela signifie que le ou les ovules fécondés* à la suite d’accouplements seront stockés dans l’utérus avant d’être implantés en novembre ou décembre. Selon la littérature, l’ovo-implantation différée ne concerne que 2% des mammifères dans le monde !
Les naissances ont généralement lieu vers février-mars. Les jeunes restent sous terre environ deux mois avant de sortir du terrier.

* Une même portée peut avoir plusieurs pères !

AlimentationDe quoi se nourrit-il ?

Son régime alimentaire, très varié, est adapté aux saisons et à l’habitat. Chez nous, le ver de terre constitue l’essentiel de son alimentation. Il se régale également de fruits, de céréales, de mollusques. Nichées d’oiseaux et micromammifères sont des proies rares (moins de 2 % de son alimentation).
La morphologie de l’animal constitue un obstacle à la poursuite et à la capture de proies adultes. Sa prédation, supposée et répandue, de gibier ou de jeunes agneaux est donc complètement infondée.
Il est d’ailleurs régulier d’observer, au piège photographique nocturne, des Blaireaux côtoyer de jeunes Chevreuils ou des chats sur leur terrier sans une once d’hostilité.
Il est par contre plus fréquent que le Blaireau s’aventure dans les cultures pour consommer quelques céréales ou fruits. Les dégâts sont souvent minimes mais ne sont pas indemnisés. Pour toutes ces raisons notamment, le Blaireau se retrouve régulièrement dénoncé par le monde de la chasse et des agriculteurs qui réclament en particulier son classement en espèce nuisible alors qu’il est aujourd’hui considéré comme « gibier ».

Habitat Où vit-il ?

Le Blaireau fréquente des milieux très divers : forêts de feuillus, bocages, landes ou prairies. Le choix de l’habitat est déterminé par certains facteurs prioritaires : nature du sol, structure de la végétation, sécurité des lieux, proximité de l’eau et des ressources alimentaires.
Les blaireaux placent leurs terriers sur des terrains meubles faciles à creuser, de préférence à flanc de coteau, sur des pentes ou des talus afin de faciliter le drainage de l’eau et l’évacuation des déblais lors du creusement, ou même encore dans d’anciennes carrières souterraines. Lorsque le terrier est proche des habitations humaines, il est caché le plus souvent dans des broussailles difficiles d’accès.
Terrassier capable de déplacer d’importants volumes de terre et d’en excaver de 30 à 50 tonnes, le Blaireau creuse d’imposants terriers constitués de chambres reliées par des galeries qui peuvent atteindre plusieurs centaines de mètres et dont l’accès extérieur se fait par de nombreux trous appelés « gueules ». Les déblais parfois impressionnants sont amoncelés devant ces gueules et donnent un aspect chaotique au terrain avec le temps. Les passages répétés des Blaireaux sur ces déblais forment parfois de véritables petits toboggans, aussi nommés « gouttières », caractéristiques de la présence de l’animal. La taille du terrier n’est en rien liée au nombre d’individus du clan qui l’occupent, mais dépend de son ancienneté. Certains terriers, occupés probablement depuis plusieurs décennies, voire siècles, peuvent avoisiner les 100 gueules, comme cela a été observé dans notre département.

Réputation Le Blaireau, un nuisible ?

Non ! Il est fréquent d’entendre des rumeurs et des faits parfois infondés, souvent exagérés, imputés au Blaireau. De par son intense activité de terrassier, il est vrai qu’il dérange parfois les humains. Ainsi, des terriers trop proches de parcelles agricoles ou, beaucoup plus rarement, d’habitations ou de voies ferrées créent des risques réels d’effondrement. Mais dans la plupart des cas, le Blaireau fuit les activités humaines et s’installe sur des sites reculés et calmes.
La plus grande crainte imputée ce jour au Blaireau est sans nul doute la propagation de la tuberculose bovine. Le Blaireau, comme d’autres animaux (sangliers, cerfs, chiens…), en est un vecteur potentiel. La maladie a déjà fait des ravages en Grande-Bretagne depuis les années 80 et les Blaireaux ont été pris pour cible par les services sanitaires dans un objectif de lutte à priori légitime. Hélas, cette campagne de destruction, où les blaireaux ont payé un lourd tribut, n’a non seulement jamais porté ses fruits mais a fourni des résultats contre-productifs. La situation ne semble s’améliorer que depuis la mise en place d’une vaccination.  Ce scénario n’est pas sans rappeler étrangement celui de la rage quelques années auparavant. Loin de s’appuyer sur cette illustration, certains départements en France prennent des mesures de destructions aveugles contre les Blaireaux en guise d’arme antituberculosique. La Vienne n’est pas encore touchée par cette maladie malgré le risque très élevé de sa présence à nos portes : nos voisins charentais sont beaucoup plus largement concernés.

Sources :


Clan de blaireaux dans la Vienne surveillés par caméras infrarouges. Crédits : bénévoles de Vienne Nature

Aller plus loin

Une enquête pour le Blaireau

Le Blaireau possède une dynamique de population relativement lente et tous les exemples du passé ont prouvé que ses effectifs pouvaient rapidement chuter en cas de pression anthropique forte. La connaissance de l’état de ses populations sur le département étant indispensable à la défense de son statut, susceptible d’être menacé, un groupe de bénévoles a décidé de lancer, en 2010, une vaste enquête à l’échelle départementale.
Ainsi, chaque hiver, des petits groupes de passionnés s’organisent pour réaliser un inventaire, le plus exhaustif possible, des terriers principaux sur une partie bien définie du territoire départemental.
Parallèlement à cet objectif, ce travail permettra une connaissance améliorée des habitudes de l’animal dans la Vienne et une meilleure information du public. À l’édition de cet ouvrage, l’enquête est toujours en cours et les naturalistes en herbes sont les bienvenus pour nous épauler dans la réalisation de ce projet.

Participez à notre enquête naturaliste sur le Blaireau d’Europe dans la Vienne

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